Penser demande de se retrouver dans un espace de silence. Malheureusement, nous faisons taire cette précieuse habileté en maintenant notre esprit dans un tourbillon d’idées, en parlant sans arrêt, en étourdissant notre attention par les bruits de notre quotidien. Avoir une réflexion sur sa pensée exige de reposer son esprit et cela devient une activité de plus en plus oubliée dans le tumulte de nos sociétés modernes.

Il semble que la personne d’aujourd’hui n’arrive plus à se séparer de l’enthousiasme des bruits ou des images modernes. Pour penser, il est nécessaire de s’accorder un espace-temps, diminuer au maximum la stimulation externe pour arriver à réfléchir sur sa quête de vie. Se retrouver dans le silence en compagnie de son soi semble de plus en plus un luxe, qui, malheureusement, se redécouvre en situation de maladie physique et/ou psychologique. La douleur nous humanise et devient un terrain propice pour retrouver sa pensée et repenser sa relation à soi et aux autres.

Toute réflexion profonde ne fait pas sans difficulté. Le processus réflexif qui s’enrichit au cours d’une vie est appelé à faire face à des états de vide, d’ennui ou d’angoisse. L’expression « je ne sais pas », souvent illustrée par l’image de la page blanche, est précurseur d’une pensée qui cherche à se développer et à prendre forme. Nous devons tolérer les délais qui mèneront à la trouvaille. Le piège à éviter est de se laisser distraire par des activités d’agitation, par des sonneries réconfortantes ou par la rafale de messages vides et illusoires pour ne pas avoir à ressentir les émotions désagréables ou la lourdeur de nos humeurs.

Nous avons besoin de temps, de lenteur, de la reconnaissance de nos émotions et de véritable silence pour que notre capacité à penser demeure active et qu’elle soutienne nos pensées logiques et créatives.